L’utilisation domestique de certains insecticides initialement destinés à l’agriculture suscite de vives inquiétudes sanitaires en République démocratique du Congo. Commercialisé sous la marque « Lava », ce produit contenant du dichlorvos est utilisé par certains ménages pour lutter contre les moustiques et autres insectes, malgré les risques importants qu’il représente pour la santé humaine.

Une étude scientifique publiée fin octobre 2026 dans la revue Toxicology Communications rapporte 22 cas d’intoxication suspectée dans trois grandes villes du pays : Kinshasa, Lubumbashi et Kolwezi. Les cas ont été recensés entre décembre 2025 et février 2026, à la suite de pulvérisations de produits contenant du dichlorvos, notamment Lava et Sniper. Parmi les personnes concernées, 14 ont été hospitalisées. 

Les victimes, âgées de 8 à 45 ans, ont notamment présenté des symptômes tels que des maux de tête, des vertiges, des nausées et des difficultés respiratoires. À Kinshasa, un patient a même été admis dans un état comateux. Selon les chercheurs, les patients hospitalisés ont toutefois tous fini par se rétablir.

L’étude souligne que ces produits, destinés à l’origine à un usage agricole ou professionnel, sont fréquemment pulvérisés dans les chambres et autres espaces de vie, parfois pendant la nuit et dans des pièces mal ventilées. Cette utilisation inappropriée expose directement les occupants, notamment les enfants, aux substances toxiques contenues dans ces insecticides.

Le principal danger identifié est le dichlorvos, un insecticide organophosphoré reconnu pour sa toxicité. Son utilisation comme pesticide est interdite dans l’Union européenne. Au Canada, Santé Canada a également mis en garde contre des produits non homologués contenant cette substance, notamment le Lava 100 % EC, en appelant la population à ne pas les acheter ni les utiliser. 

Face aux risques sanitaires, les autorités congolaises ont également pris des mesures. Le 26 août 2026, l’Autorité congolaise de réglementation pharmaceutique (ACOREP) a décidé le retrait des autorisations de mise sur le marché des produits contenant du dichlorvos, avec interdiction de leur importation, fabrication, distribution, commercialisation et utilisation sur toute l’étendue du territoire national. 

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