Kinshasa, 28 septembre 2026 — Le drame aérien survenu à Kenge continue de provoquer une onde de choc au sein des institutions congolaises. Au-delà de la tragédie humaine, il met en lumière des accusations graves visant le Bureau permanent des enquêtes d’accidents et incendies d’aviation (BPEA), dirigé par Samy Tshimbalanga Mukomo à en croire les documents internes fournis par la journaliste Rachel Kitsita Ndongo sur les réseaux sociaux.

Des enquêtes fantômes et des soupçons de corruption

Selon plusieurs sources internes, le BPEA aurait failli à sa mission à plusieurs reprises :

  • Janvier 2025, Wamaza : sortie de piste, enquête annoncée mais aucun rapport public.
  • Juillet 2025, Bunia : nouvel incident, toujours pas de rapport publié.
  • 24 juillet 2026, Walikale : crash mortel d’un L-410, enquête ouverte mais aucun rapport technique rendu public deux mois plus tard.

Malgré ces incidents, la compagnie TRACEP a continué à voler jusqu’au crash de Kenge, survenu le 25 septembre 2026. Ce n’est qu’au lendemain de cette tragédie que son Certificat de transporteur aérien (CTA) a été suspendu par le Vice-Premier ministre des Transports, Jean-Pierre Bemba.

Des pratiques décriées

Les accusations portées contre le BPEA sont lourdes :

  • Monnayage des rapports techniques, orientés selon les intérêts des exploitants.
  • Paiement de 5 000 $ exigé pour l’ouverture des enquêtes.
  • Prise en charge des enquêteurs par les compagnies elles-mêmes, incluant frais de mission de 2 500 $ par enquêteur.
  • Avantages matériels reçus, comme des véhicules offerts par certaines compagnies aériennes.

Ces pratiques jettent une ombre sur l’indépendance et la crédibilité du BPEA, censé garantir la sécurité aérienne en RDC.

Une sanction attendue mais retardée

Le 4 août 2026, le VPM Jean-Pierre Bemba avait sollicité l’autorisation de la Présidence pour suspendre Samy Tshimbalanga Mukomo, conformément aux recommandations de l’Inspection générale des finances (IGF). Pourtant, aucune mesure n’a été prise jusqu’ici.

Cette inertie soulève une question centrale : qui protège le numéro 1 du BPEA ?

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