Le gouverneur de la province de la Tshopo, Paulin Lendongolia Lebabonga, a mobilisé plusieurs couches de la population de Kisangani, samedi 24 octobre 2026, lors d’une marche pacifique contre la rébellion attribuée à l’ancien président Joseph Kabila et en soutien au chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.

Organisée dans les principales artères de la ville, cette manifestation a été marquée par l’immolation d’une chèvre par des chefs coutumiers, un geste présenté comme une « barrière mystique » contre la déstabilisation et en faveur de la paix.

Une mobilisation des différentes couches de la population

Des jeunes aux leaders communautaires, en passant par les députés et ministres provinciaux, les mandataires publics, les notables, les responsables des confessions religieuses et les représentants des institutions universitaires, plusieurs composantes de la société tshopolaise ont répondu à l’appel du gouverneur.

À travers cette mobilisation, les organisateurs entendaient exprimer leur rejet de la rébellion et réaffirmer leur attachement à la démocratie, à la souveraineté nationale et à l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo.

La marche s’est achevée par un meeting au cours duquel Paulin Lendongolia a insisté sur le respect de la Constitution et le recours aux élections comme voie d’accès aux responsabilités publiques.

« Nous, enfants de la Tshopo, restons unis derrière le Chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, qui est notre Président légitime et qui exerce son mandat constitutionnel sans violer aucune disposition de la Constitution », a-t-il déclaré.

L’immolation d’une chèvre, un rituel à portée symbolique

L’un des moments marquants de cette manifestation a été l’immolation d’une chèvre par des chefs coutumiers, en présence du gouverneur de province. Selon les explications fournies par ces autorités traditionnelles, cet acte symbolise une « barrière mystique » destinée à barrer symboliquement la route à Joseph Kabila et à préserver la paix dans la Tshopo.

Ce rituel, qui relève des croyances et des traditions coutumières, s’est inscrit dans une mobilisation dominée par des messages politiques contre la rébellion et toute tentative de balkanisation du territoire national.

Les chefs coutumiers ont ainsi voulu exprimer leur engagement en faveur de la stabilité de la province et de l’unité du pays. La portée mystique attribuée à ce geste demeure toutefois une croyance exprimée par ses initiateurs, sans constituer un effet objectivement établi.

L’ordre constitutionnel au cœur du message du gouverneur

Prenant la parole devant les manifestants, Paulin Lendongolia a dénoncé le recours aux armes pour accéder au pouvoir et appelé les Congolais à privilégier les mécanismes démocratiques.

« Nous voulons vraiment que l’opinion internationale puisse comprendre notre volonté actuelle. Notre volonté, c’est la continuité de la démocratie. Nous avons une Constitution qui établit les normes et les procédures à suivre pour accéder à la gestion des institutions, et non prendre les armes contre le pays », a-t-il martelé.

Le gouverneur a également rappelé que les élections doivent permettre d’accéder aux fonctions de président de la République, de gouverneur, de sénateur ou de député, plutôt que la violence armée.

Évoquant les guerres qui ont profondément marqué l’histoire de Kisangani, il a souligné que la population ne souhaite plus revivre de telles violences. Il a, par ailleurs, appelé la communauté internationale, notamment les États-Unis et l’Union européenne, à soutenir les aspirations des Congolais à la paix et à la démocratie.

En clôture de son intervention, le chef de l’exécutif provincial a exhorté les habitants à renforcer la vigilance dans leurs quartiers et avenues et à signaler tout mouvement suspect aux autorités locales et aux services de sécurité.

Cette marche a ainsi associé revendications politiques et pratiques coutumières autour d’un message commun affiché par les organisateurs : le rejet de la rébellion et la défense de l’ordre constitutionnel en République démocratique du Congo.

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