Kinshasa — Le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, est revenu sur l’affaire impliquant l’opposant Prince Epenge, lors d’un échange avec la diaspora congolaise en Russie, le vendredi 30 octobre. Le chef de l’État a affirmé que Manassé Lomboto, dont le décès est au cœur de la procédure visant l’opposant, était mort des suites d’une maladie. Il en a profité pour rejeter les accusations de dictature portées contre son régime.

S’exprimant au sujet de Prince Epenge, président du parti politique ADDCONGO et porte-parole de la plateforme d’opposition Lamuka, Félix Tshisekedi a contesté les déclarations qu’il attribue à l’opposant, l’invitant à venir s’expliquer plutôt que de chercher à se rendre en Europe.

« Pourquoi veux-tu aller en Europe ? Viens expliquer tes mensonges », a déclaré le président congolais, selon les propos rapportés lors de cet échange.

Manassé Lomboto : une mort au cœur de la controverse

La mort de Manassé Lomboto constitue un élément central de la procédure évoquée dans cette affaire. Félix Tshisekedi soutient que l’intéressé a succombé à une maladie, écartant ainsi, dans sa version des faits, les accusations susceptibles d’impliquer les autorités.

Cette déclaration intervient dans un contexte de tensions entre le pouvoir et l’opposition autour du traitement réservé aux acteurs politiques critiques du régime. Les circonstances précises du décès de Manassé Lomboto, ainsi que les éléments susceptibles d’étayer les différentes versions, demeurent des points essentiels pour établir les faits.

Tshisekedi affirme qu’aucun manifestant n’est mort sous son pouvoir

Au cours du même échange, le chef de l’État a également défendu son bilan en matière de maintien de l’ordre lors des manifestations. Il a affirmé que, depuis son accession au pouvoir, aucun manifestant n’avait perdu la vie au cours d’une manifestation.

Une déclaration qui intervient alors que la gestion des manifestations publiques et le respect des libertés politiques demeurent des sujets sensibles dans le débat politique congolais.

Félix Tshisekedi a par ailleurs estimé que l’opposition congolaise était faible, une appréciation qui traduit les tensions persistantes entre la majorité présidentielle et les forces politiques adverses.

Les accusations de Joseph Kabila rejetées

Le président de la République a également répondu aux accusations de tyrannie et de dictature formulées par son prédécesseur, Joseph Kabila.

Pour rejeter ces critiques, Félix Tshisekedi a renvoyé à la période durant laquelle Joseph Kabila dirigeait le pays, l’accusant d’avoir fait tuer des chrétiens jusque dans les églises, ainsi que des adeptes du mouvement politico-religieux Bundu dia Kongo.

Ces déclarations illustrent la persistance des affrontements politiques entre les deux camps, dans un climat marqué par des accusations réciproques sur la gouvernance, les droits fondamentaux et les violences commises sous les régimes successifs.

Un débat politique toujours tendu

À travers ses déclarations en Russie, Félix Tshisekedi a cherché à défendre son bilan et à contester les critiques de ses adversaires politiques. Mais ses propos sur Prince Epenge, la mort de Manassé Lomboto et les accusations portées contre Joseph Kabila soulèvent des questions qui nécessitent un examen attentif des faits et des éléments disponibles.

Dans cette affaire, la distinction entre les déclarations politiques des protagonistes et les faits établis demeure essentielle pour comprendre les enjeux judiciaires et politiques entourant Prince Epenge.

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