La ville de Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo, accueillera en décembre prochain les championnats nationaux de karaté-do, couplés à l’Open international Wagenia. L’annonce a été faite par maître Freddy Lakombo, président de la Fédération de karaté-do du Congo (FEKACO). Cette grande messe sportive sera également marquée par le passage des grades de ceintures noires.

À cette occasion, maître Freddy Lakombo a procédé à l’installation officielle du maître Emanuel Alembe à la tête de la Ligue de karaté-do de la Tshopo (LIKAT). La cérémonie s’est déroulée dimanche 1er novembre, au cours d’une séance d’entraînement organisée au dojo provincial CEAM, situé à Etoka, dans la commune Makiso.

Cette installation intervient dans un contexte de crise persistante au sein du karaté congolais, marqué par un bicéphalisme à la tête de la fédération nationale et de sa représentation dans la Tshopo. D’un côté, la structure dirigée par Claude Tshisekedi, avec Yvon Amisi Pondamali à la tête de la ligue provinciale ; de l’autre, celle conduite par Freddy Lakombo, qui reconnaît Emanuel Alembe comme président de la LIKAT.

Un bicéphalisme qui divise le karaté congolais

Pour maître Freddy Lakombo, la FEKACO ne compte qu’un seul président légitime, en l’occurrence lui-même. Il estime que les décisions de justice doivent être respectées par tous.

« La FEKACO est dirigée par maître Freddy Lakombo. Je ne sais pas s’il existe une autre fédération de karaté en RDC. À vous de chercher. Mais nous savons que la décision de la justice s’impose à tous. Personne n’est au-dessus de la loi et personne ne peut ignorer ces décisions », a-t-il déclaré.

Le président de la FEKACO affirme que la même situation prévaut dans la Tshopo, où il reconnaît une seule ligue, dirigée par le docteur Emanuel Alembe. Il a, par ailleurs, appelé les karatékas à privilégier la pratique sportive plutôt que les considérations politiques, rappelant que le sport doit rester apolitique.

De son côté, le docteur Emanuel Alembe, nouvellement installé à la tête de la LIKAT, considère cette nomination comme l’aboutissement d’un combat pour la légalité. Il se dit déterminé à rassembler les athlètes autour de sa vision.

« Nous allons travailler avec les athlètes qui vont adhérer à notre vision. Nous allons essayer de rassembler tout le monde. Nous restons donc concentrés sur la préparation du championnat et de l’Open », a-t-il précisé.

Toutefois, cette nouvelle structure est rejetée par la ligue dirigée par maître Yvon Amisi Pondamali, qui la qualifie de « théâtre ».

Alors que Kisangani se prépare à accueillir les championnats nationaux couplés à l’Open international Wagenia en décembre prochain, la fédération dirigée par Claude Tshisekedi prévoit également d’organiser son propre championnat national à Kinshasa au cours de ce mois de novembre et dont la ligue dirigée par Yvon Amisi s’apprête pour y aller.

Cette situation illustre les profondes divisions qui secouent le karaté-do en République démocratique du Congo, particulièrement dans la province de la Tshopo. Un bicéphalisme dont les conséquences pourraient peser sur l’unité des athlètes et le développement de cette discipline sportive.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *